Habdaphaï
J’arrive à un moment de mon parcours artistique où les gestes habituels qui caractérisent mon identité plastique sont insuffisants pour dire ce que j’ai envie d’exprimer. J’ai cette chance d’avoir créé une espèce de code avec mon corps et des phories. Je me remets alors en question dans cet « espace corps ». Je me laisse aller à l’écriture automatique, à des formes non guidées par la perfection ou un sujet précis. Je fais des croquis multiples : de fait, je me lâche apparemment de façon totalement irrationnelle et sauvage. Je me libère en couvrant des pages blanches de graffitis, de signes que d’aucuns pourraient qualifier de gribouillis. C’est ma relation avec le trop plein, aidé par de la mine de plomb, des pastels secs et gras, des traces d’eau et aussi des gouttes de sueur, qui va mettre en place la concentration nécessaire, créer ce « vide habité » qui précède la création. Les gestes répétés, presque usés parfois, vont à un moment laisser trace, faire signe pour faire sens..
